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La chapelle de Malleyrand

I. HISTORIQUE :

La commanderie de Malleyrand et les commanderies templières en Charente :
L’ordre possédait en Charente de nombreuses commanderies, celle de Malleyrand faisait partie des fondations à l’Est d’Angoulême avec Vouthon, le Grand et le Petit Madieu, Aunac, Confolens, etc... Au moyen âge, la province, qui entretenait d’étroites relations avec la marche et le Limousin, était traversée par un important réseau de chemins qu’empruntaient les pèlerins venant du centre de la France pour se rendre au sud du pays.
L’Ordre des Templiers fut fondé, en 1118 par Hughes de Payens, pour la protection des pèlerins, sa mission temporelle s’étendant par la suite à la défense militaire de la terre sainte. Il est donc normal de trouver des commanderies dans ce secteur.
Les Templiers devaient en outre aider le financement des croisades, tâche écrasante qu’ils étaient à peu près les seuls à assumer. Les revenus non indispensables à la vie des maisons ainsi que des dons et aumônes qu’elles recevaient, étaient remis au commandeur de la province qui les transmettait au trésorier du temple à Paris. Sources principales des revenus de l’Ordre, les commanderies rurales étaient essentiellement des exploitations agricoles, elles étaient dotées de dépendances, fermes et granges.

A Malleyrand, le logis du commandeur, supposé construit au Nord de l’église, et les éventuelles dépendances ont disparu, le seul vestige conservé des Templiers, outre la chapelle, est une pierre tombale déplacée. On ignore cependant où était situé le cimetière.

Les chapelles des commanderies de Charente :
Les chapelles des templiers ont en Charente une typologie rigoureusement identique, caractères architecturaux reflétant la discipline, la rigueur et l’efficacité de ces moine guerriers. Si l’église de Malleyrand peut être l’emblème de cette architecture, elle s’en distingue par son élégance et la finesse de son décor. La comparaison avec les autres chapelles ainsi que son décor, permettent de penser que la chapelle de Malleyrand avec ses chapiteaux à feuilles d’acanthe et ses bases à griffes, a été construite dans le troisième quart du XII ème siècle. Son berceau était probablement brisé, si le clocheton actuel, désaxé, n’est peut être pas d’origine, il en existait un comparable.

La commanderie après sa construction :
Il est difficile d’estimer quand les modifications et travaux principaux de la chapelle ont eu lieu : effondrement ou destruction de la voûte, parements extérieurs refaits en partie et nouveau contrefort réalisé sur l’angle SO. Ces modifications ont pu avoir lieu du temps des Templiers c’est à dire avant leur arrestation le 19 Octobre 1307 comme du temps où la commanderie est passée à l’Ordre de Malte, entre 1320 et 1790.

La pierre tombale située à droite du portail est celle d’un Templier, à gauche celle d’un chevalier de l’ordre de Malte.

1570-1675 : Commanderie de Saint Jean (le Malleyrand. En 1570, elle est unie à celle (le Vouthon et vers 1600, à celle de Villegats. Alors le logis du commandeur est en ruine. L’église est commune à la paroisse. En.1675, ses revenus s’élève à 330 livres. Le commandeur doit sur ce produit la portion congrue. Le grand prieur d’Aquitaine confère. On ne connaît aucun titulaire.

1790 : Malleyrand, ancienne paroisse non maintenue et entrée dans la composition de la Commune dYvrac dès 1790.

Sept 1808 : Registre municipal de la Commune d’Yvrac, devis de déplacement du cimetière d’Yvrac et Malleyrand « comme plus centrale ». Sur le même devis : 5000 tuiles pour le temple d’Yvrac et 1000 tuiles pour l’édifice de Malleyrand.

20 Août 1808 : lettre du Maire au Préfet : « fixer l’église de Malleyrand pour l’exercice du culte et ordonner l’établissement d’un cimetière dans un lieu public qui lui est contigu. Quoique Yvrac et Malleyrand ayant été réunies, la vente d’aucune des églises n’a point été ordonné. Qu’elles appartiennent encore à la Commune réunie. »
« Malleyrand, l’église est isolée des maisons distantes de 100 mètres au moins d’icelles, touchant au terrain public de la contenance d’un arpent métrique sur lequel il est possible de fixer un cimetière.
Usage d’enterrer au cimetière de Malleyrand reconnu légal quoiqu’il s’en dit usage interrompu par le desservant actuel refusant d’y enterrer les morts d’Yvrac. »

1838 : l’église était desservie par un des carmélites de la ville de La Rochefoucauld. Le commandeur la faisait desservir. Desservie par les curés de Marcillac jusqu’en 1838.
Courrier de l’ancien Maire. Jusqu’en 1838, utilisation des deux cimetières.

1839 : cimetière supprimé et ouverture de celui d’Yvrac.

1841 : la municipalité prétend la désaffecter et la transformer en local scolaire. Le ministre des cultes s’y oppose, rappelant, par lettre du 6 Octobre, qu’elle appartient à la fabrique. Il s’y fait un service dominical.

1843 : construction du presbytère dYvrac.

1844 1845 : la chapelle fut dessinée par Abadie, ses croquis montrent l’édifice tel qu’il se présente aujourd’hui y compris le délabrement du pignon oriental. La nef était alors couverte par la charpente, la plafond actuel ayant été réalisé au xxème siècle.

1868 : réparation de l’église d’Yvrac et de la sacristie de la chapelle de Malleyrand.

vers 1880 : les photos de 1891, notamment celle du portail, montrent l’édifice récemment rejointoyé. Le mortier semble très lisse et très hydraulique. La porte latérale n’y est pas encore bouchée.

1888 : chemin de croix érigé le 29 Avril par le c. de La Rochefoucauld.

1938 1984 : la couverture est reprise par. M. Simonneau de Mansle.

II. DESCRIPTION DE L’EDIFICE :

Le plan de l’édifice est rectangulaire et comprend trois travées égales rythmées par des colonnes engagées, le chevet est plat. La voûte en berceau brisé a fait place à un plafond en lambris.
L’édifice est sobre mais très soigneusement bâti, à l’intérieur comme à l’extérieur, l’appareil est à assises régulières en pierre de taille.

1. L’EXTERIEUR

Elévation Ouest

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La façade ouest est encadrée par un contrefort droit au Nord et par un contrefort oblique au Sud. Ce dernier contrefort, largement débordant, a été réalisé en remplacement de deux contreforts plats construits de part et d’autre de l’angle SO.
Le portail est formé d’un arc brisé à trois rouleaux nus portés par des chapiteaux sculptés. L’archivolte est décorée d’une ganse à trois rangs, renfermant un bouton et s’achevant sur des masques placés à l’envers.
Les colonnettes sont annelées, décors que l’on trouve dans d’autres églises de la région notamment à Jauldes, leurs bases sont à griffes. Les tailloirs des chapiteaux se prolongent en un bandeau qui s’achevait sur les contreforts plats de la façade.

Le chapiteau Nord du second ressaut est le seul a avoir un décor figuré en l’occurrence un ange, le chapiteau Sud de ce ressaut est à double corbeille.

On remarque que le chapiteau Sud du dernier rouleau est cassé, pour préserver la continuité du piédroit, la pierre dans laquelle il avait été taillé a été en partie sortie de son logement.
Au dessus du portail, une pierre plus haute que les autres, déborde sur le parement. Est-ce un vestige de cadran solaire ?

Un soubassement est marqué par un chanfrein renversé établi sous le niveau des bases moulurées des colonnettes. Il semble se prolonger au même niveau tout autour de l’édifice.

Porté par des modillons sculptés, un bandeau a été établi entre les deux contreforts plats de la façade. L’un des modillons représente une tête de chat, emblème des Templiers, les autres représentent une barrique, une coupelle...Une baie en plein cintre, surmonte le bandeau, des colonnettes et des chapiteaux ont été taillés dans ses piédroits. Comme au niveau inférieur, un bandeau prolonge les tailloirs des chapiteaux. L’archivolte présente un décor en pointe de diamants.

Le clocheton qui couronne la façade est excentré et semble très postérieur à la construction de l’édifice. Les rampants du pignon découvert sont surmontés d’une corniche, celle-ci s’appuie, en partie basse, sur une courte corniche horizontale.

Deux pierres tombales appartenant à un templier et à un chevalier de l’ordre de Malte encadrent et font office de banc.

Elévation Est

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La façade Est est percée d’un triplet de baies de même hauteur, et encadrée de contreforts plats. Son pignon découvert est couronné d’une corniche qui se redresse au sommet pour s’achever en une petite pointe. Dans l’angle NE, la dalle de corniche est portée comme dans l’angle NO par une courte corniche horizontale. Toute la partie supérieure Su du pignon est détruite.

Elévation Nord

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La façade Nord ne compte que trois contreforts. Après un ressaut au niveau de l’avant dernière assise, les contreforts se prolongent jusqu’à la corniche qui couronne le mur. Celle-ci est portée par des modillons sans décors.

L’allège de la fenêtre en plein cintre éclairant la dernière travée a été rehaussée par un bouchement de maçonnerie.

La couverture est constituée de tuiles creuses. Le sol semble avoir été très rehaussé de ce côté ci de l’église. Il est possible qu’un bâtiment, logis du commandeur ou autre y était implanté.

Elévation Sud

La façade Sud est épaulée par quatre contreforts. Le glacis du contrefort oblique s’achève sous l’égout du versant Sud. Des trois contreforts plats, seul celui de l’angle SE atteint le niveau de la corniche, les deux autres sont beaucoup moins élevés.
Le parement extérieur, au niveau de la dernière travée, a été repris entre les deux contreforts qui l’encadrent, il est beaucoup moins déversé que ceux-ci. Lors de cette restauration, la hauteur de baie a été réduite, son couvrement a été réalisé avec un arc monolithe en plein cintre.

Une porte couverte d’un arc surbaissé ouvrait dans la seconde travée, elle est maintenant murée.

De ce côté, la corniche a pratiquement disparu, il n’en subsiste qu’un bloc dans l’angle SE, il est porté par le contrefort et l’unique modillon de la façade.

2. L’INTERIEUR

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L’édifice était à l’origine, couvert d’une voûte, probablement en berceau brisé, rythmée par des doubleaux portés par des colonnes engagées. Au cours de ce siècle a été réalisé le plafond actuel en lambris.
Etabli sur la corniche, l’adoucissement en quart de rond des bords du plafond masque les vestiges du départ de la voûte.

Les chapiteaux des colonnes engagées ont des décors variés, les bases sont à griffes.
Le couvrement de l’embrasure de la porte est un arc segmentaire. La baie d’axe a son arc cintre masqué par le plafond.

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La dernière travée est éclairée par un triplet percé dans le mur du chevet, et par deux baies ouvertes dans les murs latéraux. Les piédroits, au deux extrémités du triplet, sont décorés d’une seule colonnette, les autres piédroits ont un ressaut orné de deux colonnettes.

Les chapiteaux, uniformes et finement ciselés ont tous le même décor de feuilles d’acanthe. Les Bases sont identiques à celles du portail, un dés porte un demi-tore orné de griffes auquel succède une scotie et un tore. Ces tores sont très plats et allongés avec une extrémité anguleuse.
Les archivoltes sont décorées de pointes de diamant, d’acanthe et de palmettes.

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Dans la dernière travée, les allèges de baies latérales ont été rehaussées. Un placard fermé par deux volets en bois a été ménagé dans le mur Nord, un lavabo et un niche eucharistique dans le mur Sud.
Le chœur est fermé par une balustrade en bois ; le sol, surélevé et couvert de carreaux de terre cuite est précédé d’un emmarchement en pierre. Le maître autel est récent, il est constitué d’une ossature de brique plaquée de marbre. Le planum est en bois et comporte deux marches.
Le haut de l’arrachement de la voûte porte les fermes de la charpente et les solives auxquelles est suspendu le plafond.
Dans l’angle SO prend place un confessionnal en bois, contre Ouest un bénitier en pierre.
Sous le badigeon blanc des parements apparaît le dessin d’un soubassement en faux marbre jaune et un enduit ocre sur le haut des parements.
Le sol de la nef est couvert de dalles de pierre.

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Sur l’appui taluté de la baie d’axe, un petit socle a été créé pour porter une statue de la vierge à l’enfant. Sous les deux baies latérales du triplet, deux consoles en plâtre ont été fixées au mur, celle au Sud porte une statue peinte de la vierge.

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info portfolio

Bande transversale en corniche Mascaron tête de félin Portail à 3 archivoltes soutenues par 3 piliers Châpiteaux

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