Histoire des Terrasses de Tardoire

 


Le site industriel « Saint Florent/Taracole » s’étend sur les faubourgs Saint-Florent et La Chabanne (Commune de La Rochefoucauld-en-Angoumois). Les terrains, à vocation industrielle depuis le début du XXème siècle jusqu’à aujourd’hui, couvrent une emprise de plus de 9 hectares au cœur même de l’hypercentre urbain, à proximité d’un édifice prestigieux, le château de La Rochefoucauld.

Le quartier Saint-Florent doit son nom à un prieuré bénédictin fondé sur la rive gauche de la Tardoire en 1059 à la demande des seign

eurs de La Rochefoucauld. Le logis de l’abbé élevé au XVe siècle est le seul vestige de cet ensemble qui comprenait des bâtiments

conventuels autour de l’église Saint-Florent. Aux XIXe et XXe siècles, le quartier abrite un ensemble imposant de bâtiments industriels (fabrication de feutres pour pantoufles). Il est aujourd’hui en partie désaffecté et fait l’objet d’un vaste projet de réaménagement.

 

 


L'industrie d'hier à aujourd'hui dans les friches de Saint-Florent/Taracole :

La première usine textile est exploitée en 1906 par M. Chaignaud et ses associés. M. Chaignaud prit seul la direction de l’usine à partir de 1915 pour produire du feutre à pantoufles, dessus et semelles. L’usine se développe pour fabriquer des semelles en caoutchouc, des tissus plastiques, des tissus flockés, des couvertures et des revêtements de sols. Elle s’agrandit ceinturant au passage un monument historique remarquable, le logis du prieur datant de 1468.

En 1970, plus de 2 000 personnes travaillent sur le site. L’entreprise évolue alors dans la maîtrise de l’ensemble des techniques du textile : tricotage, aiguilletage, teinture, impression, collage, ennoblissement, enduction, flocage et thermoformage. Elle travaille aussi pour l’automobile : les tapis, l’habillage intérieur et même plus tard pour le TGV.

En 1981, le site devient SILAC (Société Industrielle Louis André Chaignaud) avant d’être racheté par le groupe industriel MECAPLAST. Une différenciation de raisons sociales survient en 2 000 avec les établissements POLYTEX sur Saint-Projet-Saint-Constant et SILAC-MECAPLAST-SIMTEX côté La Rochefoucauld.

Ces dernières années, le secteur textile et articles chaussant traversent une crise sérieuse et connaissent des mutations importantes. Les établissements SILAC et POLYTEX procèdent à des restructurations de leurs installations. Leurs activités se sont diversifiées (plasturgie) et délocalisées pour partie en

Charente mais aussi hors du département.


Actuellement, l’activité sur le site est répartie comme suit :

Secteur Saint-Florent, coté La Rochefoucauld et en partie Saint-Projet :

 - SILAC INDUSTRIE dont le propriétaire foncier est l’Etablissement Public Foncier de Nouvelle-Aquitaine depuis le 24 septembre 2012. L’activité repose sur le cardage et aiguilletage de fibres synthétiques pour secteur automobile SNCF et métallurgie.

-  Commerce de motocycles « Fun Bike » : ce commerce est situé sur la frange Ouest, hors des friches proprement dites mais doit être pris en compte dans la réflexion.

Secteur La Chabanne coté Saint-Projet Saint-Constant (dénommé aussi site Taracole) :

- BORFLEX : activité de mélange et moulage de caoutchouc, d’extrusion et garnissage de rouleaux.

 

Film sur l'histoire industrielle des anciennes usines des Terrasses de Tardoire

Ce site a donc employé jusqu’à 2 000 personnes dans les années 80, et a connu depuis un déclin progressif et régulier au rythme des rachats et restructurations. Cette emprise couvre près de 9 ha en plein centre urbain et présente près de 150 000 m2 de surfaces industrielles construites développées, ce qui traduit l’extrême densification de l’ensemble. De par son ampleur et sa localisation, la requalification de cet espace va bien au-delà d’une simple opération de reconversion industrielle mais constitue un véritable projet urbain aux multiples enjeux, qui dépasse largement les seules questions techniques, urbanistiques et réglementaires.

Un site historique

Le prieuré Saint-Florent donne naissance à un bourg florissant

En 1059, la famille de La Rochefoucauld fait appel à neuf moines de l’abbaye Saint-Florent de Saumur pour fonder un prieuré près du château. Cette démarche est tout autant spirituelle - les prières des moines doivent attirer la protection divine sur la lignée seigneuriale - que prestigieuse - l’abbaye saumuroise est alors en plein essor -. C’est aussi un acte politique et économique encourageant la création d’un nouveau bourg autour du prieuré. Très vite, le bourg connait un développement florissant grâce à des foires établies sur les deux rives de la Tardoire. Cette implantation peut expliquer qu’il ne soit pas fortifié pendant la guerre de Cent ans.

L’église prieurale Saint-Florent

Edifiée vers 1065, l’église romane était longue de 50 mètres. Sa nef, constituée d’un vaisseau central et de deux bas-côtés se poursuivait vers l’est par un transept très débordant lui conférant un plan en croix latine. Le sanctuaire, profond, se terminait en hémicycle. Devenue paroissiale au XVIIIe siècle, l’église est désaffectée en 1792. Vendue comme bien national, son sanctuaire est alors démantelé. La nef, transformée en grange, est finalement détruite au début du XXe siècle pour laisser place à une cour ouverte sur le bourg.

Le logis du prieur

Construit vers 1400 et agrandi au XVIIe siècle, il est la résidence de l’abbé commendataire qui n’est plus alors astreint à vivre avec la communauté et se contente le plus souvent de toucher les revenus du domaine foncier du prieuré : « la commende ». Au XIXe siècle, la propriété est accessible depuis la route d’Angoulême, par une allée longue de 70 mètres bordée de hauts buis menant à un parc dissimulant la façade principale de la résidence. Sa masse importante et notamment la tour ronde de l’escalier du XVe siècle, reste visible depuis la place Saint-Florent.

L’artisanat fait place à l’industrie

Dès le Moyen Âge, les moines possèdent un moulin au bord de la Tardoire. En 1837, Louis Fourgeaud l’achète et y installe une fabrique de drap. L’entreprise Chaignaud occupe ensuite le site au début du XXe siècle. La fabrication des feutres pour pantoufles à glisser dans les sabots devient une spécialité rupificaldienne. Après avoir diversifié sa production, l’usine emploie jusqu’à 1645 ouvriers en 1973.

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