Mairie de Montbron

Rue d'Angoulême, 16220 Montbron

Horaires :

du lundi au vendredi

9h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h30.

Renseignements & informations :

tél : 05 45 63 15 15

mairie@montbron.fr

site : http://www.montbron.fr/

 

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Mairie de Montbron

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Un peu d'histoire ...

Vue panoramique de Montbron en 1612, dessin de Joachim Duviert

La petite ville de Montbron, adossée au Limousin et au Périgord, est située dans une zone de contact entre deux régions géologiques différentes : le Massif central cristallin et le Bassin aquitain sédimentaire. Le socle cristallin est caractérisé par un relief vallonné favorisant l’élevage. Les plaines, quant à elles, semblent être spécifiques des terres sédimentaires et permettent des cultures céréalières.

La Tardoire dessine une grande courbe au nord et contourne Montbron par un large méandre créant une grande plaine alluviale quaternaire.
La ville s’est donc développée en rive gauche de la rivière ; la rive droite restant très rurale et marquant aujourd’hui les limites de la commune. L’agglomération a été installée sur un éperon rocheux situé après les zones inondables.

La cité est ouverte sur la vallée de la Tardoire, mais le promontoire constituait une défense naturelle surtout au nord et partiellement au sud-ouest, où les pentes sont plus abruptes. Ce n’est sans doute pas un hasard si le château a été implanté au nord-ouest sur les flancs de la butte. A l’est, la mise en défense artificielle du plateau permet de protéger l’agglomération. La colline possédait également, au nord et au sud-ouest, un système de fortifications ; la protection était alors double.

La facilité de mise en défense du site a été propice à l’installation de la ville sur ce tertre au Moyen Âge. De là, cette éminence permet le contrôle de la traversée de la rivière par le Pont-en-Roux ou pont de la Basse-Ville. Cette position n’a pas d’autre sens. Montbron ne bénéficie pas d’une rivière navigable. Elle n’est pas un carrefour routier important. Elle est très à l’est de la Charente, relativement loin de la cité comtale d’Angoulême. Cette position très orientale permettait d’avoir un pied dans le Limousin et dans le Périgord.

Il n’existe probablement pas de voie romaine importante qui était à proximité immédiate de l’agglomération actuelle de Montbron. La position présente de la cité montbronnaise ne semble donc pas trouver ses origines dans l’Antiquité. Mais selon la tradition orale, une villa gallo-romaine de grande ampleur, du nom d’Étampa se trouvait au lieu-dit des Boissières, ou La Tessonnière, sur un vaste coteau entre les villages de Courtillas, de Lavaud et de la Forge, à trois kilomètres au Nord-Est du site même de Montbron.

La légende veut que Montbron tire son nom d’un certain Berulphus, fidèle de Chilpéric (561-584), petit-fils de Clovis. Duc de Touraine et du Poitou et comte de Poitiers, Berulphus serait le premier occupant ou le premier propriétaire de la ville. Montbron ou Mons Berulphi serait donc le mont ou la colline de Berulphus. Mons Berulphi donnerait Montbéroulf, Montbérou, Montberon et enfin Montbron. La tradition veut que Chilpéric, en 567, à la mort du roi Caribert, hérita de cinq territoires en Aquitaine et notamment le Limousin. Il aurait envoyé Berulphus, dans le Limousin, sur la zone frontière face à l’Angoumois, pour une occupation et une surveillance des environs. Sur les lieux, Berulphus aurait suivi le cours de la Tardoire jusque dans le Montbronnais et aurait découvert un promontoire dominant la région. Il l’aurait alors choisi pour y établir un poste de surveillance qui commanderait la vallée.

La ville semble plutôt être une création du XIIe siècle. Robert de Montbron est connu dès 1020-1028. La seigneurie est attestée avec Robert de Montbron en 1120. L’auteur du lignage serait peut-être Robert I, laicus, qui apparaît dès 988. Ce dernier aurait pu se fixer sur l’emplacement actuel de la ville. La ville serait donc le fait de l’implantation de ce Robert, à la fin du Xe siècle ou au début du XIe siècle.

La famille originelle des Montbron tient donc la seigneurie jusqu'en 1471, avec, tout de même, de courtes éclipses, notamment sous les dominations anglaises entre 1380 et 1420. La branche ainée de la famille de Montbron ne disparaît, cependant, qu'en 1598, à la mort de Jacquette de Montbron, héritière de son frère aîné, René de Montbron, baron d'Archiac. Marguerite de Rohan, possède désormais la terre de Montbron, achetée en 1471 à Francos II de Montbron ruiné. Son petit-fils, François Ier, roi de France, hérita des terres, mais en fit don à Anne de Montmorency, époux de sa cousine Madeleine de Savoie, en 1526. Il est supposé que la châtellenie de Montbron passe, ensuite, aux mains d'Henri de Luxembourg, puis d'Henri-Augiste de Loménie et enfin d'Étienne Chérade. Son petit-fils, Adrien, émigré en Espagne, en est dépossédé à la Révolution.

Hors les murs de la cité médiévale, s’ouvre au sud l’immense champ de foire de la Cahue. A l’ombre des arbres, il accueillait, depuis le Moyen Âge, une foire aux bestiaux.

La porte de la Cahue faisait face au champ de foire.

L'Hôpital Sainte-Marthe et sa chapelle

L'Hôpital Sainte-Marthe, carte postale, collection privée

L’hôpital Notre-Dame-de-Pitié de Montbron a été fondé par Madame de Villechaise en 1650, après l’abandon de l’aumônerie Notre-Dame-du-Bon-Secours.

Après voir été tenu par Madame de Villechaise, il a été confié, vers la fin du XVIIe siècle, aux religieuses de l’Hôtel-Dieu d’Angoulême qui l’ont ensuite remis, vers 1720, à celles de l’hôpital de La Rochefoucauld. Une nouvelle communauté Sainte-Marthe, dans l’hôpital de Notre-Dame-de-Pitié de Montbron, a été alors créée.

En 1749, l’hôpital, tenant d’un bout au champ de foire était alors composé d’une chapelle dédiée à l’honneur de Notre-Dame-de-Pitié, de deux salles, d’une cuisine, de trois chambres hautes, de deux jardins et d’une grange.

En 1848, le service de la salubrité publique fournit des renseignements sur l’hospice de Montbron. Ce dernier possède alors douze lits. En mauvais état, il sera rebâti, ainsi que sa chapelle, en 1900. L'avant-corps central de l'hôpital matérialise bien l'entrée de cet édifice, la forme trilobée ainsi que les trois baies évoquent l'architectre d'une église.

L’Hôtel de Ville de Montbron

En 1902, le docteur Gabriel Léon Laborde fait construire une maison bourgeoise à côté de son lieu de travail.

C'est une imposante demeure avec un toit à la Mansard, percé de nombreuses lucarnes surmontées de frontons. Le décor s'inspire de l'architecture classique : denticules, clés de linteau ornées de végétaux sculptés, bandeaux moulurés soulignant les niveaux, bossage au rez-de-chaussée et entablements moulurés sur les baies.

Le docteur Laborde meurt en captivité en 1915. En 1945, la mairie emprunte 800 000 francs afin d’acquérir la Villa Laborde. En effet, le Vieux château où elle siégeait jusqu’alors était en très mauvais état. En 1949, on meuble la salle du Conseil d’un bureau de ministre, d’une table, de trois fauteuils et de dix huit chaises pour la somme de 150 000 francs. La mairie s’équipe également du téléphone.

La villa Laborde, carte postale, collection privée

L'enceinte urbaine

Il ne reste, aujourd’hui, pratiquement rien des fortifications urbaines de Montbron. Elles apparaissent après le XIIe siècle et l’implantation du château.

Cet ensemble paraît partiellement dans les dessins de Joachim Duviert, au XVIIe siècle. Seul figure le tronçon sud de l’enceinte. Précédé d’un fossé sec, le rempart se présente sous l’aspect d’un simple mur flanqué de loin en loin de quelques tours. Le point fort de cette enceinte était, sans doute, le château avec ses hauts murs crénelés, ses guérites.

Le rempart se devine encore sur le plan cadastral de 1833, notamment au sud. Par ailleurs, au nord, la rue des Fossés, actuelle rue d’Angoulême, comme le boulevard des Pierrots, à l’ouest, auraient été établis sur les fossés comblés de l’enceinte médiévale.

L'enceinte ne survivra pas aux phases d'urbanisation suivantes, à l'exception d'un fragment en moellons irréguliers qui subsiste ici au sud, entre le château et la Grande Fontaine. Les vestiges se composent de l'enceinte principale, et en avant, d'un second rempart peu élevé. Ce dernier a été aménagé au niveau de l'escarpe du fossé afin de surélever celui-ci et de protéger la base de la muraille principale. Il s'agit d'une fausse-braie.

La Grande Fontaine

Les fontaines étaient l’occasion, au Moyen Âge, d’associer le culte des saints au culte de l’eau.

À Montbron, la Grande Fontaine, est située au sud-ouest, hors les murs de la ville. Dédiée à saint Antoine ou à saint Maurice, elle est entièrement maçonnée en pierres du pays. Le toit est de forme pyramidale. L'eau, descendant sans doute du coteau, s'écoule par deux tuyaux en fonte dans un réceptacle maçonné auquel on accède par un double escalier ; des ablutions pouvaient y être effectuées. Peu fréquentée, elle aurait la vertu de guérir beaucoup de maladies (la peur, les rhumatismes, les verrues…) et de faire venir la pluie.

 

L'ancien faubourg de la Basse-Ville, n’étant plus relié à la ville depuis le XIXe siècle par les portes de la Basse-Ville et du Prestin, est devenu un espace de transition, coincé entre le centre bourg et la route venant de La Rochefoucauld. Ce quartier s’étend le long de la Rampe de la Barbacane. Cette rue permet la communication avec la ville haute.

Le Pont-en-Roux, vieil ouvrage du Moyen Âge sur le chemin de La Rochefoucauld qui donnait encore, en 1714, 36 livres pour le droit de péage, menaçait ruine, au milieu du XIXe siècle. Les pierres se détachaient de la voûte. Le pont avec ses six arches, son profil en dos d'âne et ses éperons triangulaires vers l'amont avait déjà subi quelques réparations sous les Montmorency, au XVIIe siècle. La création d’unnouveau pont de la Basse-Ville, plus en aval, à une trentaine de mètres,intervient donc après 1850. Elle entraine l’abandon du Pont-en-Roux, qui sera, finalement détruit.

La Tardoire est non navigable mais il faut noter qu'elle a été et est encore aujourd'hui, dans une moindre mesure, utilisée. Les activités artisanales, dans la commune de Montbron, se sont développées dès le Moyen Âge avec l'implantation de nombreux moulins et d'une forge, puis l'essor industriel, notamment textile, à la fin du XIXe siècle.
La vallée de la Tardoire se caractérise, dans les environs de Montbron, par sa richesse en sites occupés durant les temps paléolithiques (- 3 000 000/ - 10 000). Dans un périmètre limité, se trouve une grande concentration de gisements ; les sites de Montgaudier et de Fontéchevade, sont les plus marquants. La découverte d'ossements a pu fournir les premiers renseignements sur l'aspect physique des Néandertaliens du Centre-Ouest.

Les moulins

L’existence des moulins poissonnants ou des Bouchelots à Montbron est attestée depuis le XIVe siècle. En 1351, au dessous du Pont-en-Roux, à la Basse-Ville, deux moulins se joignaient et portaient, tous les deux, le nom de poissonnant. L’un était dans la maison de Montbron, l’autre dans la maison du seigneur de La Fenêtre, vassal du seigneur de Montbron.

Un titre daté du 28 novembre 1450 décrit le moulin appartenant au seigneur de Montbron. François II de Montbron donne assurance à Héliot Bouchelot du lieu et place du moulin nommé communément poissonnant avec ses appartenances et dépendances, cours d’eau et éclusages tenant le plasage du Pont-en-Roux, essatz et autres choses quelconques, auquel lieu il lui est permis de bâtir, édifier, moulin à drap, à piler milh et forge à acier.

En 1544, Pierre Couraudin, Maurice Bouchelot, Didier Bouchelot portent déclaration au terrier de Montbron où, à présent, est édifié un moulin à bled, une forge à faire acier, et édifié un moulin à drap, à piler mil et à faire huile. Le moulin à bled est celui qui était mouvant de La Fenêtre et n’a jamais eu d’autre qualité et que le moulin à drap est celui que le seigneur de Montbron avait donné la permission de bâtir en 1450.

En 1779, il ne subsistait plus qu’un seul bâtiment dans lequel on faisait drap et huile, où l’on pilait le mil. L’autre a été détruit ou a été emporté par les eaux, ainsi que l’île et les écluses. Les deux seigneurs possédaient d’anciens titres prouvant leurs droits respectifs. Les deux nobles se disputaient une rente de vingt sols et chacun produisait des preuves de son bon droit. Adrien Chérade, comte de Montbron a eu gain de cause contre Monsieur de Lambertie, seigneur de Menet et de La Fenêtre, parce qu’il démontra que le moulin démoli par les eaux lui appartenait et que, par conséquent, il ne pouvait pas réclamer une redevance sur un moulin qui n’existait plus.

Les moulins poissonnants devenus des Bouchelots ne sont plus ; le dernier ne tourne plus depuis le décès de François Paute, en 1910. Le Pont-en-Roux n’est plus et le hameau des Bouchelots a disparu également.

D’autres moulins devaient exister sur la Tardoire, à Montbron. En 1870, neuf moulins étaient assis sur la rivière et possédaient vingt trois roues dont les moulins de Menet et de Chabrot.